Demande de droit de réponse de Dileita Mohamed Dileita,
Premier ministre de Djibouti, à la directrice des Nouvelles d'Addis
concernant un article de Mohamed Daoud Chehem

LETTRE DE M. DILEITA MOHAMED DILEITA
06/04/2005 11:52 FAX 253356501 MINISTERE FINANC [5 pages]
CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE 2005
DIRECTION NATIONALE DE CAMPAGNE
À Madame Colette DELSOL
Directrice de publication des Nouvelles dAddis
Paris
Fax : (33.1) 6404 4712
E-mail : colette.delsol@lesnouvelles.org
Madame la Directrice,
Suite à larticle de Monsieur MOHAMED DAOUD CHEHEM, Président du PDD, paru dans votre numéro du 24 mars 2005, intitulé « le vrai bilan du mandat de IOG et les fausses perspectives de son éventuel second mandat », jai lhonneur de vous transmettre au nom du Gouvernement de Djibouti notre droit de réponse à larticle calomnieux.
Conformément aux dispositions légales en vigueur, je tiens à ce que notre réponse soit publiée dans le prochain numéro de votre publication.
Veuillez agréer, Monsieur la Directrice, mes salutations distinguées.
LE DIRECTEUR DE CAMPAGNE
[signature]
DILEITA MOHAMED DILEITA
[suit un texte de 11.738 signes]
PRÉCISIONS DE MME COLETTE DELSOL
Paris, 6 avril 2005. Je viens de recevoir par télécopie un « droit de réponse » du Premier ministre djiboutien, M. Dileïta Mohamed Dileïta, directeur de campagne du Président Ismaël Omar Guelleh, dans le cadre de la campagne présidentielle 2005.
M. Dileïta Mohamed Dileïta exige, « au nom du Gouvernement de Djibouti » un droit de réponse suite à la parution sur notre site d'un article de M. Mohamed Daoud Chehem, président du Parti djiboutien pour le développement (PDD), jugé « calomnieux ».
Le droit de réponse du Gouvernement de Djibouti (non daté, sur papier à en-tête « Campagne présidentielle 2005, direction nationale de campagne », faxé du ministère des Finances) napparaît pas très justifié dans le cas précis, ni sur le fond, ni sur la forme.
Cest donc dans un esprit de contribution à un débat démocratique que nous publions ce droit de réponse sur notre site.
Colette Delsol
Directrice
Les nouvelles dAddis
DROIT DE RÉPONSE
Suite à larticle paru sur « le vrai bilan du mandat de IOG et les fausses perspectives de son éventuel second mandat », il est nécessaire de rétablir la vérité et déclairer les djiboutiens sur les basses motivations qui animent ceux qui sont en charge exclusive de travestir la réalité économique perceptible sur le terrain.
Larticle fait le bilan de la période du Président Gouled, tout en insinuant que le Chef de Cabinet de lépoque avait des pouvoirs importants conférés par le décret pris en 1996, alors que tout le monde est unanime (y compris les opposants, dont en particulier M. Ismail Guedi lors de son dernier « auto-interview ») pour saluer le bilan de Hassan Gouled, et indirectement le sien.
Lauteur de cet article a pris comme période de référence lannée 1996 pour brosser un tableau qui a le mérite de séduire ceux en quête de sensationnel et vivant à mille lieues de la réalité. Or, il est de bon sens dopposer la vérité à cette catégorie de personnes qui font preuve de mauvaise foi intellectuelle à des fins bassement politiciennes.
Et cette vérité nest pas fabriquée de toutes pièces rnais constatée par des auditeurs extérieurs indépendants que sont, entre autres, le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale car il est utile de rappeler (à ceux qui lauraient manifestement oublié) que lon ne peut être à la fois gestionnaire et auditeur de son programme :
A titre de rappel, de 1992 à 1996, la croissance du PIB était globalement négative (-4,5% en 1995) et le déficit budgétaire avait ateint en 1994 un niveau record denviron 7 milliards FD, soit 9% du PIB. Par ailleurs, les factures impayées aux établissements publics saccumulaient et le déficit de la balance courante représentait 27% du PIB en 1994, lEtat nayant dautres recours que de laisser sa dette extérieure saccumuler et de puiser dans les réserves officielles.
Cest pour remédier à une situation économiquement désastreuse, de par ses indicateurs macroéconomiques que par la dégradation des finances publiques, que le gouvernement de Gouled a recouru, dès avril 1996, à un programme de stabilisation financière (Accord de Stand-By) sous légide du FMI.
Salignant dans la continuité de cette voie courageuse et réaliste empruntée par son prédécesseur que le Président IOG, dès son élection en 1999, a poursuivi la conclusion dun Programme de Stratégie de Réduction de la Pauvreté et la Croissance (PSRP) sous la houlette de la Banque mondiale et du FMI.
Les principaux axes de ces programmes ont consisté à lassainissement des finances publiques, à la réforme de la fonction publique, à la réduction de la masse salariale par la démobillisation des personnels policiers et militaires, à la libéralisation du marché de travail et à la restructuration des entreprises publiques.
Les efforts fournis ainsi que les sacrifices consentis par la population ont abouti à des résultats très encourageants. La croissance réelle du PIB devient positive (près de 1%) à partir de 1998 et le budget de lEtat a renoué avec lexcédent.
Grâce aux efforts de redressement entrepris dans le cadre du programme dajusternent macro-économique, le PIB en terme réel enregistre des évolutions positives et cette tendance à la hausse sest poursuivie car la croissance est passée de 2.2% à 3.2% de 1999 à 2004.
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1991-1994
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1995-1999
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2000-2004
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| Déficit conventionnel |
4 993
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3 210
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1 526
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| % Déficit / ressources |
18
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11
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4
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| % Déficit / ressources intérieures |
21
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13
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6
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| Taux de croissance du PIB |
0.7
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2.2
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3.2
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Le déficit budgétaire est passé de 21% (période 1991-1994) à 6% (période 2000-2004) des ressources budgétaires.
Il est important de souligner que les sacrifices de nos concitoyens qui ont supporté dénormes sacrifices au niveau de leur pouvoir dachat étaient dictés par le souci daméliorer leurs lendemains pour eux et leurs progénitures. Une situation que nous avons aujourdhui la satisfaction dapprécier les résultats fort encourageants.
Ainsi, les baux (dont certains avaient été conclus sur des bases clientélistes à lépoque où les champions de la critique aujourdhui occupaient des postes décisionnels) ont été résiliés et un programme a été mis en place pour apurer progressivement les arriérés de loyers sur la base daudits réalisés par des cabinets indépendants.
Aussi, depuis 1999, le gouvernement a réussi à résorber une partie des arriérés de salaires et a rétabli, en avril 2003, le paiement régulier des agents de lEtat, le 25 de chaque mois. En outre, il assure depuis 1999 des pensions dinvalidité aux invalides de guerre. La mise en uvre dune politique sociale combinée à la réduction drastique des déficits publics constitue la priorité de la politique budgétaire de lEtat durant cette période.
Parmi les grands objectifs de politique économique et sociale qul ont été menés au cours des cinq dernières années figure le maintien de la stabilité des prix en maîtrisant linflation en dessous du seuil de 2% et la réduction de la pauvreté.
Cette inflation a pu être atténuée, dans le cadre de la politique de lutte contre la pauvreté du Gouvernement, grâce à une réduction conséquente de la pression fiscale au cours des cinq dernières années sur beaucoup de produits importés. Plus particulièrement, le taux moyen de la taxe intérieure à la consommation (TIC} sur les denrées alimentaires est passé de 25% à 8% actuellement. Le coût de ces mesures fiscales désinflationnistes sélève à plus de 12 milliards FD sur lensemble de la période (2,4 milliards de FD en moyenne par an), soit 10% du PIB.
Et la performance réside dans le fait que, pour un Etat qui tire lessentiel de ses ressources de la fiscalité, ces mesures sociales au coût fiscal élevé nont pas empêché une mobllisation exceptionnelle des ressources, notamment les ressources fiscales et non fiscales qui ont augmenté chaque année de lordre de 1.5 Milliard FD en trésorerie entre 2001 et 2003.
Durant cette période, les recettes totales se sont situées à 27,3 Milliards FD, soit un accroissement de près de 17% par rapport à 1991-1994 et 13% par rapport à 1995-1999. Cette amélioration des recettes sexplique principalement par une augmentation des recettes budgétaires et également par les ressources extérieures qui se sont accrues.
Ces ressources extérieures en augmentation sont le signe indiscutable de la crédibilité du programme de réformes économiques mis en place et de la bonne gouvernance dans la gestion des finances publiques. En effet, les résultats remarquables enregistrés dans le prograrnrne de stabilisation macroéconomique et des réformes structurelles ont nettement contribué à lamélioration des relations entre Djibouti et les bailleurs de fonds.
Quant aux ressources provenant du stationnement des troupes étrangères, dune part elles reflètent la sécurité de la place de Djibouti au niveau régional et, de Iautre, elles traduisent la respectabilité de Djibouti auprès des grandes puissances qui ont négocié dans un esprit de véritable partenariat. Ces ressources ne sont nullement une manne tombée du ciel. Le tableau ci-dessous en est lillustration parfaite :
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1999
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2000
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2001
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2002
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2003
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| Recettes |
22 362
|
23 969
|
23 679
|
24 720
|
32 025
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| Recettes fiscales |
20 605
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21 099
|
20 796
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22 164
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25 257
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| Impôts directs |
8 469
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8 780
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9 277
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9 804
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10 316
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| Impôts indirects |
11 287
|
11 409
|
10 477
|
11 462
|
11 627
|
| TIC |
6 330
|
7 267
|
6 502
|
7 229
|
7 433
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| Autres taxes |
849
|
910
|
1 042
|
898
|
3 314
|
| Recettes non fiscales |
1 757
|
2 870
|
2 883
|
2 556
|
6 768
|
Au niveau social, durant la période 1999-2004, les dépenses des secteurs sociaux sont évalués à 19 Milliards FD. Ces dépenses sont allées au ministère de IEducation (+8.84%), le ministère de la santé (+6.56), ainsi que divers programmes sociaux tels que les pensions versées aux invalides de guerre, la consolidation des accords de paix ou, plus récemment encore, le service national adapté (SNA). Le poids du ministère de léducation dans le budget représente ainsi 28.05% des dépenses en 2004.
Leffort du gouvernement au profit du secteur de la santé est allé, dune part, vers la formation des auxiliaires de santé afin de compenser les importants départs à la retraite de ces demières années ainsi que vers la réhabilitation des infrastructures hospitalières et des dispensaires de santé. Enfin, Iaccès aux médicaments de base a été privilégié avec le développement des pharmacies communautaires.
Au niveau de la réforme des retraites, Iauteur de larticle na certainement pas saisi la problématique. En restructurant et rationalisant le système des retraites, le Gouvernement a permis le départ de nombreux travailleurs ayant atteint lâge de la retraite et ainsi créé des conditions propices à lembauche des jeunes djiboutiens. Ainsi, tout en assurant la pérennité du système des retraites, le mandat de Ismaïl Omar Guelleh sest distingué par un souci constant de répartir les ressources et les efforts menés en faveur des plus faibles en privilégiant Iavenir et la lutte contre un chômage qui hante léconomie djiboutienne.
Et les premiers résultats de la réforme sont positifs et encourageants puisque, moins de trois années après son adoption, elle a permis une amélioration significative de la situation financière du système, tout en assurant un bien être durable aux aînés et le renforcement de la crédibilité du système de protection sociale.
Quant aux entreprises publiques auxquelles il est fait allusion dans cet article, leur liquidation ou privatisation préconisée par les institutions internationales répond à un principe qui veut que lEtat doit se désengager des activités proprement commerciales pour se consacrer à ses missions de service public. Lère est révolu (peut-être cela a-t-il échappé à lauteur du pseudo-bilan) où IEtat doit soccuper de tout parce quaujourdhui il faut moins dEtat et mieux dEtat.
Sur les critiques infondées et fantaisistes relatives au fonctionnement de lEtat, il est irresponsable de la part de lauteur de vouloir salir limage des institutions républicaines qui assurent le respect de ses droits et ses libertés sans lesquelles il naurait pas eu le loisir de lancer, sans être inquiété, ses invectives si la situation réelle correspondait réellement au tableau apocalyptique quil prétend décrire.
Symptomatique de labsence de logique dans son raisonnement (pour autant que Ion puisse le qualifier) : le responsable du PDD semble se plaindre de lintérêt des investisseurs de Dubaï pour notre pays, et notamment dans le cadre du projet de Doraleh, sous le prétexte fallacieux de la sauvegarde notre souveraineté alors que cest bien la stabilité et la sécurité de lenvironnement politique de notre pays qui les a incité à investir à hauteur de centaines de millions de dollars US. Si le fonctionnement de lEtat est tel quil le décrit, ces investisseurs se seraient-ils bousculés pour venir à Djibouti ? Il vaut mieux, ne serait-ce que par sagesse et raison, réfléchir par deux fois avant de prendre sa plume surtout lorsque lon a occupé la fonction noble dordonnateur du Budget de IEtat.
Cest vrai quil ny a rien de plus aveugle que celui qui ne veut rien voir mais pour votre information, indépendamment des échéances électorales, les indicateurs macroéconomiques sont régulièrernent publiés et validés par des institutions internationales (telles que le FMI, la Banque mondiale, BAD
).
Pour conclure, il nest pas inutile de souligner que, sous le mandat de IOG, la réalisation de ces réforrnes et les résultats encourageants quelles ont engendré a perrnis à notre pays de renouer avec la croissance qui a permis également de rehausser la crédibilité de Djibouti vis-à-vis de la communauté internationale.
Fort de ces résultats indiscutables, le Candidat Ismaïl Omar Guelleh se présente devant le peuple qui est seul souverain pour lui accorder sa confiance et personne ne peut lui confisquer ce droit universel.
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