(Les nouvelles d'Addis, 17 avril 2008)
Il existerait donc un code du travail de la piraterie somalienne, selon certaines sources proches de lenquête judiciaire visant les pirates du Ponant.
Où lon découvrirait que la piraterie est une forme déconomie quasiment comme une autre. Si on ne peut sen réjouir, on notera toutefois que cela présente quelques avantages pour les victimes. Pas de barbarie, une forme de civilité même. On prend un navire, son équipage et on négocie le prix de la prise. Comme le dit un dicton local : « Un homme mort ne vaut pas plus que le prix de ses chaussures ». Il ny a donc aucun intérêt à malmener la marchandise, au contraire.
On est bien loin des actes terroristes où la mort et la torture sont des moyens de propagande. Que serait-il advenu du Ponant et de son équipage sils avaient été pris par des membres dAl-Qaïda ? Lissue eût été certainement moins heureuse.
La France entend juger les pirates du Ponant. Hormis la relative confusion liée à leur arrestation et leur transfèrement à Paris, dont on ne sait toujours pas sil a été officiellement autorisé par les autorités somaliennes, sur les six pirates arrêtés, deux seulement feraient partie du groupe qui a pris dassaut le voilier le 4 avril. Trois seraient des gardiens montés lors du mouillage du navire près du village de Garaade Ade. Le sixième serait le chauffeur du 4x4 dans lequel ils ont été interpellés par les commandos de marine français. Une sorte de comparution immédiate, sans grand discernement des responsabilités respectives des uns et des autres. Quels sont les objectifs de cette précipitation judiciaire ? La force de lexemple de la justice après celui de larmée ? Une action collective impliquant les autorités maritimes civiles et judiciaires internationales eût été plus exemplaire encore. Certes, les otages du Ponant étaient majoritairement (mais pas exclusivement) français. Mais les pirates somaliens attaquent des navires et des équipages de toutes origines, y compris des cargos humanitaires destinés aux populations les plus déshéritées de leur pays. Ne sont-ce pas là crimes plus graves qui mériteraient des transfèrements et des procès retentissants et des actions militaires aussi spectaculaires quefficaces ?
À trop tirer la couverture à soi on risque non seulement de rester dans la péripétie, mais aussi de jeter ces pirates dans les bras de protecteurs moins fréquentables dont la préoccupation ne sera pas immédiatement économique. CD