DJIBOUTI-ÉRYTHRÉE / RAS DOUMEIRA. / ACCROCHAGES DE FRONTIÈRE
Inquiétudes de la communauté internationale
Les nouvelles dAddis
COLETTE DELSOL
13 juin 2008

Visite du chef de l'État djiboutien, Ismaël Omar Guelleh, aux militaires djiboutien blessés, à l'hopital Bouffard (photo La Nation)
Les affrontements armés entre troupes érythréennes et djiboutiennes dans la zone frontalière de Ras-Doumeira provoquent des réactions de la communauté internationale.
La Ligue arabe a demandé à lÉrythrée de retirer ses troupes du territoire djiboutien et de reprendre le dialogue. Selon la Ligue arabe qui a tenu une réunion durgence au Caire le 12 juin, lÉrythrée serait prête à recevoir une commission pour enquêter sur les affrontements de mardi avec Djibouti et résoudre le différend pacifiquement.
Pour sa part, le Conseil de sécurité de lONU a condamné le 12 juin « laction militaire de lÉrythrée contre Djibouti à Ras Doumeira et dans lîle de Doumeira ». « Le Conseil appelle les deux parties à sengager à un cessez-le-feu et les exhorte, en particulier lÉrythrée, à faire preuve dun maximum de retenue et à ramener leurs forces à leurs positions davant lincident ». LAméricain Alejandro Wolff, qui assure la présidence du Conseil de sécurité de lONU, a dénoncé, au nom des États-Unis, « lagression » de lÉrythrée qui, a-t-il dit, entre dans le cadre dun « comportement irresponsable de déstabilisation de la part de lÉrythrée ».
LÉthiopie a également imputé les affrontements à lÉrythrée.
La France a demandé à Asmara de se montrer « coopérative » et de laisser une partie neutre faire la navette entre les deux capitales pour mener des discussions. Le ministère français de la Défense précise « quil n'y a pas dengagement physique militaire de la France dans cette affaire », ajoutant « quun soutien logistique, notamment médical, et un soutien renseignements » était apporté aux Djiboutiens [soutien « logistique » que Les nouvelles d'Addis suggéraient hier, dans des informations exclusives de source militaire.].
Asmara a tenu à préciser quelle navait aucune intention hostile à légard de Djibouti et a violemment réfuté les déclarations américaines, accusant les États-Unis denvenimer les situations dans la région, citant la crise éthio-érythréenne, le Soudan, le Kenya, la Somalie et maintenant ce dernier différend.
Message, semble-t-il, peu entendu côté djiboutien, puisque le Président Ismaël Omar Guelleh a déclaré, après une visite aux soldats djiboutiens blessés dans les combats, que si lÉrythrée voulait la guerre, elle laurait.
Sil ne sagit, comme on lavait annoncé au départ, que dune poursuite de déserteurs érythréens qui aurait mal tourné, on comprend mal pourquoi Djibouti naurait pas renvoyé ces soldats chez eux, comme il le faisait volontiers jusquici, nhésitant pas même parfois à compléter les convois avec quelques « indésirables » djiboutiens.
Aux missions, africaine et arabe notamment, de faire la clarté sur cet accrochage entre deux pays qui semblaient, sinon être les meilleurs voisins du monde, au moins avoir trouvé de nombreux terrains dentente, sauf peut-être à Ras-Doumeira
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