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Cadeau empoisonné pour Barack Obama :
Les cas de récidives danciens détenus de Guantanamo péseront-ils sur les choix du nouveau président ?
Les nouvelles dAddis
COLETTE DELSOL
29 janvier 2008
Daprès un article de Newsweek paru le 24 janvier, le Pentagone sapprêterait à publier un rapport sur les cas de récidive danciens détenus du camp de Guantanamo. Parmi eux, un détenu saoudien, Said Ali al-Shihri, relâché en 2007, et qui serait, selon des responsables du Pentagone, impliqué dans lattaque avortée de lambassade des États-Unis au Yémen, en septembre dernier. Un autre, Mohammed Ismail, aurait été capturé au cours dune attaque contre les forces américaines à Kandahar, en Afghanistan, quatre mois après sa libération.
En mai 2008, le DIA (Defense Intelligence Agency, agence de renseignement de la Défense) déclarait dans un rapport que 37 anciens détenus de Guantanamo avaient repris une activité terroriste. Ce chiffre atteindrait désormais 62, selon le Pentagone. Il reste environ 240 détenus à Guantanamo, pour lesquels ladministration américaine essaie de trouver des pays daccueil. Parmi les pays envisagés, lAllemagne, lEspagne, le Portugal et
le Yémen qui pourrait se voir confier une centaine de ses ressortissants. Les États-Unis tentant de trouver un accord avec ce pays pour assurer la surveillance de ces détenus.
On notera à cet égard le dernier attentat contre un poste de contrôle près de lambassade américaine de Sanaa, survenu le 26 janvier dans la soirée. Les trois hommes armés qui avaient tiré sur ce poste ont été arrêtés par les forces yéménites. Un peu plus tôt dans la même journée, la diplomatie américaine faisait état dune attaque possible contre son enceinte. Le Yémen est décidément un pays bien peu sûr pour maintenir en détention des terroristes avérés ou supposés. À moins dy construire un autre Guantanamo, sous administration américano-yéménite.
Barack Obama va devoir composer avec lhéritage de son prédécesseur et, probablement, avec le Pentagone. Il est en effet assez curieux, comme le note un ancien responsable de lantiterrorisme américain, cité par Newsweek, que le Pentagone ait attendu le lendemain de la signature par Obama du décret concernant la fermeture de Guantanamo pour rappeler le retour dAl-Shihri chez Al-Qaïda.
La promesse de Barack Obama de fermer Guantanamo dici un an ne semble pas faire lunanimité des cadres de la Défense américaine. Il est vrai que les méthodes dinterrogatoire et les conditions de détention, si elles devaient être rendues publiques lors de procès, pourraient en déstabiliser certains. Mais, au-delà de Guantanamo, cest la politique de la nouvelle administration américaine qui pourrait être secouée par une succession de révélations du Pentagone qui justifieraient a posteriori les choix de ladministration Bush.
Avec Guantanamo, le nouveau président américain se heurte à son premier dossier controversé. Il en a fait un de ses thèmes de campagne. Il lui reste à prendre le risque de tenir sa promesse, quelles que soient les conséquences, y compris la mort de ressortissants américains, tués par danciens détenus de Gantanamo. CD / LNA |