ÉTHIOPIE / PRESSE / RÉCOMPENSES
Création dun prix encourageant le travail des journalistes éthiopiens avec le soutien financier des diplomaties française et américaine
Qui décide de lexcellence en journalisme ?
Les nouvelles dAddis
ALAIN LETERRIER
12 juin 2009
L'Association des correspondants étrangers en Éthiopie (FCAE), organisatrice du prix « encourageant le travail des journalistes éthiopiens » a souligné qu'il s'agit « du premier prix pour journalistes jamais organisé en Éthiopie ».
Soutenu financièrement par les ambassades de France et des États-Unis en Éthiopie, ce « prix de l'excellence en journalisme » était doté dun ordinateur portable et dun appareil photo numérique.
Selon lAFP, ce prix vise « notamment [à] promouvoir la liberté de la presse ».
La cérémonie de remise des prix sest tenue mercredi 10 juin, à l'Alliance éthio-française d'Addis-Abeba, en présence du ministre éthiopien de la Communication, Bereket Simon.
Deux prix ont été remis : un pour la presse écrite, un autre pour le photojournalisme. Le premier destiné à Mohamed Seleman Awol, du journal privé Addis Neger, récompensant [bien joué le consensus] un article titré « La ville danse au rythme de la musique érythréenne », montrant la popularité de cette musique dans le nord de l'Éthiopie. Le second au photographe Anteneh Aklilu.
Au-delà des satifecits, ne nous y trompons pas, ce prix na pas le même sens selon quon écoute les autorités occidentales ou éthiopiennes.
Le ministre éthiopien de la Communication a espéré que « ce genre de compétition améliore le journalisme en Éthiopie [
]. Notre département va faire tout ce qu'il peut pour promouvoir le professionnalisme en journalisme », a insisté Bereket Simon, reprenant là une vieille antienne chère au Premier ministre, Mélès Zénawi, selon qui le problème de la presse éthiopienne est avant tout affaire de qualité, cest-à-dire de responsabilité, nombre de journalistes transformant leur journal en pauvre feuille de choux, récipient à invectives, bruits et fureurs.
Quand bien même la presse éthiopienne souffrirait encore trop souvent dirresponsabilité, cest une bien mauvaise procédure pour un pays ayant choisi [???] la voie démocratique que demprisonner des journalistes et de surtaxer leur titre avec des cautions faramineuses impossibles à payer, entraînant leur chute.
La presse est très vivace dans le pays, de plus en plus de titres voient le jour et prospèrent à labri, il faut le dire, des focales internationales.
Le gouvernement éthiopien a été retiré l'année dernière de la liste des « prédateurs de la liberté de la presse », tenue par l'organisation française de défense des journalistes, Reporters sans frontières (RSF).
Il est vrai que lÉthiopie nest pas la Somalie (où les journalistes locaux sont systématiquement assassinés) ; quelle nest pas lÉrythrée (où les journalistes de la presse privée sont tous emprisonnés et leurs titres fermés) ; quelle nest pas, non plus Djibouti (où tous les titres de la presse libre ont été asséchés financièrement, et donc fermés, sans que les diplomaties française et américaine ne semblent sémouvoir). AL (source AFP) |