Les nouvelles d'Addis   Magazine – Grandeporte – Négoce
cliquez pour Les nouvelles d'Addis !
la petite boutique Les nouvelles d'Addis
le site internet Les nouvelles d'Addis
I
Dernières nouvelles
I
Lecture thématique
I
Choix de la rédaction
I
Rechercher dans le site
Mot(s) exact(s)
Résultats par page
analyse critique

DJIBOUTI / INSTITUTIONS / PRÉSIDENTIELLE

“Yes, he can !” :
Ismaël Omar Guelleh sera-t-il président à vie ?

Les nouvelles d’Addis
COLETTE DELSOL
13 juillet 2008

          
L’article 23 de la Constitution djiboutienne stipule que « le Président est élu pour six ans au suffrage universel direct et au scrutin majoritaire à deux tours. Il n’est rééligible qu’une fois ». L’actuel président, Ismaël Omar Guelleh, pourrait bien demander une révision de la Constitution pour se représenter en 2011, après deux mandats successifs.

IOG a certes déclaré qu’il « n’était pas du genre à déchirer une constitution parce qu’elle ne lui plaît pas », mais s’en est aussi remis à Dieu entre les mains de qui il est et qui seul décidera… Dans un entretien à Afrique magazine (1), interrogé sur cette hypothèse, il répondait : « Je ne sais pas, nous ne sommes qu’en 2009 ! Il reste encore deux ans ! Je n’y ai pas encore pensé ».

Toutes ces ambigüités cachent mal une décision déjà arrêtée, si ce n’est clairement annoncée. Nul est besoin de déchirer la Constitution, une petite adaptation suffira. Quant aux décisions divines, mieux vaudrait ne pas y faire appel pour les choses de ce bas monde. Enfin, que ce soit à deux ans de l’élection présidentielle ou à 15 jours, l’actuel président de Djibouti ne devrait pas avoir à y penser pour sa propre personne, puisque une telle hypothèse lui est interdite par la Constitution.

À Djibouti, le Président fait appel à un plébiscite préélectoral. Les “militants” de son parti mènent grand bruit pour tenter de démontrer que le pays entier exige un nouveau mandat du Président.

On est loin de l’exemple de l’alternance à la ghanéenne saluée par le Président Obama. On serait là plus près de ces nombreuses constitutions africaines à la carte (Niger, Congo…) qui n’ont pour seule fonction que de maintenir au pouvoir à vie les chefs d’État en place.

Le problème à Djibouti est que les partis d’opposition et la société civile n’ont quasiment plus aucun moyen d’expression libre. Leaders politiques spoliés de leurs biens et exilés, syndicalistes privés d’emploi, presse indépendante inexistante… D’ailleurs l’actuel président ne voit pas la nécessité d’une opposition : « Mais si vous écoutez votre conscience, vous n’avez pas besoin d’être contredit par une quelconque opposition. Cela étant dit, l’opposition est partout, ici ! » (2). La conscience présidentielle ne suffirait donc pas…

Si les précédentes élections ont donné lieu à un appel au boycott de l’opposition, on doute fort que celle-ci adopte la même attitude en 2011 et accepte sans broncher un nouveau mandat d’Ismaël Omar Guelleh.

On notera par ailleurs les exigences de la Commission de vérification des pouvoirs, lors de la dernière Conférence internationale du travail réunie à Genève en juin dernier. (al. 55) « La commission exprime sa profonde préoccupation devant la méconnaissance persistante par le gouvernement de ses obligations au titre de la Constitution. […] la commission estime que le problème ne se résume pas uniquement à une absence totale de bonne volonté de la part du gouvernement pour améliorer la situation, mais également à un manque d’engagement vis-à-vis des principes et obligations découlant de sa qualité de Membre de l’OIT ». Ce à quoi, le Président djiboutien rétorque que le Code du travail djiboutien est une sorte de “copié-collé” de celui préconisé par le BIT (Bureau international du travail) et que « s’ils veulent que l’on invente un nouveau Code du travail, qu’ils me le disent ! » (3). Reste l’épineuse question de son application… qui laisserait pour le moins à désirer selon l’UDT (Union djiboutienne du travail) et l’UGTD (Union générale des travailleurs djiboutiens).

Djibouti est souvent présenté comme un havre de paix et de sécurité dans la sous-région (il est vrai que les voisins ne sont pas tous recommandables à cet égard) mais peut-on pour autant l’assimiler à un modèle de démocratie ? Respecte-t-il la Constitution ? A-t-il mis en œuvre les accords passés avec l’opposition ? Se soumet-t-il aux obligations que suppose son adhésion aux diverses organisations internationales ? Respecte-t-il le droit du travail, la liberté d’expression, la séparation des pouvoirs… La liste n’est pas exhaustive.

2011 est l’occasion pour l’actuel chef de l’État djiboutien d’apporter la preuve que Djibouti est un État démocratique prêt à accepter l’alternance si tel est le bon vouloir des électeurs. À condition toutefois de prendre quelques dispositions préalables pour assurer la transparence et l’équité du scrutin, comme l’élaboration de listes électorales incontestables, appuyées sur des pièces d’identité fiables… On assisterait à une “djiboutianisation” de résidents étrangers (qui n’ont, théoriquement, pas le droit de vote à Djibouti) et à une “ostracisation” (sens ancien) de Djiboutiens considérés comme peu favorables au pouvoir en place et qui ne pourront faire valoir leur droit de vote faute de pièce d’identité. Encore un effort ! La démocratie djiboutienne n’en sera que plus rayonnante ! – CD

         


(1) Afrique magazine, 1er mars 2009
(2) Id.
(3) Id.

Lire aussi

Discours de Barack Obama, 11 juillet 2009, Parlement du Ghana (anglais)
Réaction de Ahmed Ibrahim au discours de Barack Obama à Accra
Les nouvelles d'Addis, Ottawa, Canada, 11 juillet 2009
couvertures Les nouvelles d'Addis no 65
Les nouvelles d'Addis no 65
le journal

             

couvertures Les nouvelles d'Addis no 65
Les nouvelles d'Addis no 65
supplément magazine
Grandsentretiens
Seyoum Mesfin, ministre des Affaires étrangères de l'É thiopie
Ahmed Dini Ahmed, Djibouti, leader de l'opposition djiboutienne
Front de libération oromo, OLF, rencontre avec le principal mouvement d'opposition armé éthiopien (eng)
• Tous les entretiens
Nouvelles
Rufin élu à l'Académie française
Politiques régionales : Érythrée-Kenya-Afrique, Djibouti-Erythrée-Ras-Doumeira, Afrique-G8, Somalie- Baïkonour
Crises et alarmes : Somalie, Soudan, Ouganda, Éthiopie
Analyses
Région Afar d'Éthiopie, la question des nationalités (eng)
Djibouti-Érythrée : Inquiétudes de la communauté internationale
Somalie, Golfe d'Aden, pirates : La confusion domine
Photojournal
Des clandestins de la corne de l’Afrique jetés à la mer au large de Menton
Image anonyme illustrant le différend frontalier entre Djibouti et l’Érythrée
Brest 2004, l'Éthiopie à l'honneur
Thémas
Photojournal
Vu à la radio
Liste des nouvelles
Liens
Espace Reine de Saba : Rencontres Éthiopie et Arabie du sud
Ville du Blanc-Mesnil : Jumelage Blanc-Mesnil-Debre-Berhan
illalta : En finir avec les mutilations génitales féminines en Éthiopie
I
Sommaire
I
Liens
I
Recherche
I
Liste de diffusion
I
Boutique
I
Espace partenaires
I
S'abonner aux Nouvelles d'Addis
I
Qui nous sommes
I
Nous écrire
I

© Les nouvelles d'Addis (LNA) 1997-2009.http://www.lesnouvelles.org, version 3.6
Les nouvelles d'Addis, le seul journal d'informations générales exclusivement dédié à l'Éthiopie et à la corne de l'Afrique
Bimestriel. Publié en français. Politique, économie, culture, société, communauté
Reproduction de contenus interdite sauf autorisation écrite