Vendredi 15 février 2002
Bonne journée pour les naturalistes. Une promenade matinale dans la réserve de Dinsho permet dobserver dans de bonnes conditions Nyalas, Ménéliks (grosses antilopes) et Phacochères (sangliers africains). La différence de végétation au sol est frappante. À lintérieur lherbe est verte, comme tondue par les animaux sauvages, à lextérieur elle est rase et sèche détruite par le surpatûrage. Comme souvent la population locale est opposée à lexistence de la réserve, les étendues boisées étant un gaspillage de bonnes terres, quune déforestation en règle rendraient productives !
Nous profitons dune réparation du démarreur du bus, qui nous obligeait à pousser au démarrage depuis deux jours, entre Dinsho et Goba, pour déjeuner dans un restaurant qui par hasard est proche du garage. Laprès-midi, visite du parc du Bale entre 3.600 et 4.300 mètres pour les sommets. Nous découvrons des étendues dimmortelles quau loin nous croyions être des rochers couverts de lichens gris.
Nous rencontrons une famille dagriculteurs qui vivent à onze dans une case de soixante-dix mètres carrés environ. À lextérieur, lorge et dautres céréales sèchent sur des peaux de chèvre. À lintérieur, la femme pétrit linjéra, un vieillard est allongé dans la pénombre. Je donne des vêtements de Pauline pour les sept enfants et nous faisons le coup du polaroïd. Ces paysans ne font quune agriculture vivrière et nont aucun objet industriel, mis à part les habits quils portent.
Sur le chemin du retour, je rate la photo de la journée et peut-être du séjour : un Serval traversant un ruisseau.
De retour à lhôtel, les informations dAntenne 2 captées sur TV5 me paraissent hors du temps. La mort de la princesse Margaret et les jeux Olympiques de Salt Lake City avec leurs magouilles où sont mêlés les hommes politiques. Une seule nouvelle intéressante ici : lespoir de découverte dun vaccin contre le paludisme qui tue un million denfants de moins de cinq ans par an. Mais qui le leur payera ?