Dimanche 17 février 2002
Longue étape de douze heures, pour nous rendre vers le nord à Nazareth, qui passent rapidement grâce aux diverses rencontres.
Au premier col à 3.500 m, nous montons avec un adolescent qui parle anglais jusquà un abri sous roche. Une maison faite de branchages et de bouse séchée comme mortier, abrite une trentaine de personnes.
Nous prenons le repas de midi à Dodola. Laccueil sympathique nous permet de photographier la cuisine où est fabriqué linjéra. Plusieurs femmes uvrent autour dun feu de bois à mi-hauteur où cuisent plusieurs préparations à base de mouton. La plaque pour les galettes dinjéra est intégrée à un fourneau. Elles sont conservées dans une vannerie décorée au chapeau conique.
Nous avons droit également à la cérémonie traditionnelle du café, le « buna ». Le sol est recouvert dherbes fraîches sur lesquelles est disposé un brasero. Lhôtesse, habillée dun châle blanc, est assise sur un tabouret bas. La cafetière remplie deau chauffe sur les charbons pendant que le café est finement pilé dans le mortier. La poudre est ensuite versée dans leau bouillante. De la résine odorisante est alors déposée sur les braises du brûle encens. Le liquide est versé dans les tasses en hauteur par un mince filet qui éclabousse. Le café est fort et doux.
Léglise est opposée à cette cérémonie profane où les esprits sont célébrés par les gouttelettes éclaboussant et la fumée dencens.
Sur la piste, une crevaison est loccasion dun arrêt prolongé dans un village où jachète des grains de blé grillés.
Cest dimanche et en route nous rencontrons plusieurs mariages. Les hommes chevauchent regroupés sur des chevaux décorés de pompons rouges. Dautres processions réunissent hommes et femmes portant des victuailles en chantant et dansant. Ils se rendent du domicile de la mariée où a eu lieu le déjeuner à celui du marié où aura lieu le dîner et où ils danseront toute la nuit. Les convives en cette fin daprès midi ont lair déjà bien imbibés.
Le parcours se termine par des chansons désuètes entonnées dans le bus où la bonne humeur règne.
Nous arrivons à Nazareth où notre chauffeur se faufile en klaxonnant au milieu des piétons, animaux, tonneaux qui encombrent la rue. Cest la première ville moderne depuis Addis-Abeba, avec voitures individuelles et immeubles en béton.
Un orage éclate dans la soirée. La saison des pluies commence.