Mercredi 20 février 2002
Retour sans intérêt vers Addis-Abeba. Logement dans un hôtel qui a été moderne avec des problèmes deau. Soirée dans un restaurant à décoration et ambiance typique en compagnie de Claude Vilain et sa femme, responsables de lagence de voyage locale. Nous mangeons linjéra dans un grand plat collectif, servi par des jeunes filles déguisées, tandis quun groupe faussement folklorique sagite.
Comme dans toutes les capitales du monde cest le genre détablissement pour friqués locaux et touristes où lon sennuie en compagnie avec un niveau sonore qui empêche toute conversation.
Jeudi 21 février 2002
En attendant la révision du bus, qui a beaucoup souffert sur les pistes caillouteuses, je vais chez un coiffeur proche de lhôtel. Je nai pas à le regretter, pour cinq birr (quatre francs cinquante) il me fait une coupe correcte, tout à la tondeuse dont il change les peignes suivant la zone à couper, si ce nest le gel final qui fixe la poussière.
En route pour le nord-est, nous visitons limportant marché de Sheno. Bovins, ânes, moutons séchangent après de longs marchandages. Cest aussi un énorme supermarché en plein air avec légumes, épices, tissus, quincaillerie, chaussures et petits artisans. Les gens se laissent photographier facilement en souriant. Mais la lumière est très dure.
Nous parcourons la campagne au-dessus de Debre-Berhan à près de 3.000 mètres daltitude. Les paysages sont magnifiques en cette fin daprès midi. Le soleil rasant dessine le relief des pentes des collines. À contre jour, la fumée profile les cases. Dans cette région sans intérêt touristique, les habitants sont très étonnés que des blancs puissent sarrêter les photographier. Les cases, habitation et grenier, sont entourées dune palissade. À lextérieur, il y a une touffe deucalyptus et une meule de bouses séchées pour le chauffage. Les habitations sont dispersées partout dans la montagne.
Tout est cultivé de céréales ou en prairie. Les moissons sont presque finies. Après avoir coupé lorge à la faucille, les paysans font piétiner les gerbes par les vaches pour séparer les épis de la paille puis vannent à la main pour faire envoler la bale du grain. Ensuite, les champs sont labourés avec une aire en bois tirée par deux bufs. Ce sont les scènes des campagnes françaises du XVIIIème siècle.