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Troisième partie du feuilleton littéraire, publié par Les nouvelles d'Addis. Premier jour et première nuit d'emprisonnement Isolement de notre héros, malgré "la passeuse", sa maman Torture de la chaleur le jour ; le soir les moustiques sont à la fête Heureusement il y a le mur et toutes ses histoires. AL
Il est déjà midi passé. Le soleil brûle depuis le zénith. Il sabat sur le Treize, aussi implacable quune hyène affamée sur un agneau esseulé. Le sol cimenté et les murs beiges du couloir à ciel ouvert réfléchissent intensément les rayons qui envahissent les cellules. La sienne, la treizième des treize, qui est sise au bout de la rangée, subit, en outre, les assauts de la surexposition. Il transpire à grosses gouttes, à linverse du robinet devenu sec comme une pierre à force dêtre vide comme un autocrate alimentaire. Il se regarde trempé
Le ronronnant brasseur, quoique mis à fond, ne peut en rien adoucir la température infernale. Il ne remue quun air surchauffé, sans échange atténuant avec lextérieur, ni filtre anti-polluant bien entendu. Brusquement, un tintamarre de lourdes portes que lon actionne, le frappe au tympan. Il manque de sursauter. Il se lève et esquisse un mouvement vers lentrée. Il entend des éclats de voix et un bruit de pas. Il reconnaît la silhouette frêle de sa mère. Elle lui apporte le repas et de quoi poser sur le ciment approximatif de la cellule. Deux policiers lescortent. Ils laident un peu à porter les quelques affaires autorisées. Une trousse de toilette, deux ou trois vêtements légers de rechange ainsi quun mince matelas, son oreiller et son drap, accompagnent le déjeuner et la bouteille isolante emplie deau fraîche. Il est déjà près de quatorze heures.
Son corps souffre légèrement moins de lenfer. Non point que celui-ci baisse dintensité mais parce que celui-là commence à sadapter. Refusant dêtre en reste, la centrale électrique intensifie aussi, depuis lautre rive de la route, ses agréments. Dès la tombée de la nuit, le bruit des moteurs se révèle infernal. Il vient directement frapper les murs du Treize qui le restituent en un tapage continu. Il en est submergé. Les oreilles bourdonnent, la tête tinte, le cur cogne contre la poitrine. A force, il en résonne à son tour. Cest enivrant sous les effluves de la fumée de fuel qui embaume. Il passe ainsi la nuit, bercé par les attaques des insectes et les nuisances de la centrale. Cest le soleil du début dété, en se levant dès cinq heures, qui le soulage de loffensive ailée. Epuisé, il sombre dans un sommeil de mort. Il nen émerge que vers neuf heures, lorsque sa mère lui apporte à manger. La tête lourde, il va vers le jerrycan, y prend un peu deau et se débarbouille le visage au-dessus du trou de la toilette. Il espère ne pas trop laisser paraître sa fatigue. Rapidement, son corps se recouvre de boutons et autres rugosités. Il sassèche et perd du poids. La torture produit ses premières traces, à la satisfaction des bourreaux et de leur roitelet. Dici, il les entend rire grassement, sauto-congratuler pour le verrouillage du pays, condition de la prédation impunie Il nen est que plus déterminé. À suivre
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© Les nouvelles d'Addis (LNA) 1997-2005. http://www.lesnouvelles.org Les nouvelles d'Addis, le seul journal d'informations générales exclusivement dédié à l'Éthiopie et à la corne de l'Afrique. Bimestriel. Publié en français. Politique, économie, culture, société, communauté. |