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Suite de notre grand feuilleton de l'été. Il fait "beau" disent les touristes sur la plage C'est-à-dire que la température est à crever pour notre héros incarcéré. Oubliant l'écrasante chaleur, l'inconfort total, l'isolement criminel, les attaques moustiquières, la menace d'infection dans ce nouvel épisode, Le Prévenu se fait historien du lieu de son supplice. Et il n'oublie pas de brocarder certains dignitaires en disgrâce, l'ayant précédé dans cette pension de misère. AL
Nous tenons à signaler que toute ressemblance de ce récit avec une situation réelle est purement fortuite. Le site de Gabode, ainsi dénommé en hommage à un illustre homme de foi dont le mausolée y trône, à l'écart des toukouls (1) des éleveurs nomades venus s'essayer à la ville, n'est pas choisi au hasard. Il est éloigné et, une fois isolé de la brise de mer par de hauts murs, peu suspect de clémence climatique. Après l'indépendance, la République naissante s'émeut de la situation et dote la maison de toilettes et d'eau courante. Cet apport à l'existant se fait cependant au mépris des normes d'hygiène. Les pensionnaires peuvent continuer à jouir des senteurs émoustillantes. Le souci romantique est transhistorique. Le temps passe, le peuple souverain croît, la République trouve ses marques. L'attrait de la maison fait de même et va crescendo. Elle double sa population sans étendre sa capacité. Mieux, l'effort d'entretien faiblit pour finir par cesser. Les locaux commencent à se dégrader, les installations à se défaire, l'alimentation à tomber en pénurie. L'infirmerie se mue partiellement en cellules et le centre, en s'éteignant, rejette ses mineurs en zone adultes. Sous ce rapport, l'histoire de la vénérable maison offre quelques anecdotes croustillantes, tels les regrets de ces anciens décideurs admis en son sein. L'un d'eux, propulsé à la tête des autochtones en son temps, a profondément regretté de ne pas avoir su anticiper son séjour et équiper l'endroit de confort. Un autre, ancien responsable de la justice et des affaires pénitentiaires, en poste juste avant d'y entrer, s'en est voulu de ne pas s'être penché sur la situation carcérale. Il faut dire que, entre autres délices, l'absence de toilettes à l'anglaise les a contraints à un exercice malaisé. Pour l'un comme pour l'autre, néanmoins, l'expérience n'aura pas été vaine : ils n'auront pas été perdus pour le régime. À suivre
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© Les nouvelles d'Addis (LNA) 1997-2005. http://www.lesnouvelles.org Les nouvelles d'Addis, le seul journal d'informations générales exclusivement dédié à l'Éthiopie et à la corne de l'Afrique. Bimestriel. Publié en français. Politique, économie, culture, société, communauté. |