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Somaliland : Le seul pays en paix de la Corne de lAfrique.
Depuis 1991 il attend dêtre reconnu [Paris, novembre 2005.] Cest à loccasion des élections parlementaires que jai effectué mon deuxième séjour à Hargeisa à linvitation des Somalilandais de France moins de trois ans après une première visite au Somaliland. Cette fois jétais attendu à laéroport de Hargeisa et par un francophone de surcroît. En effet, cest le vice-président de lassociation des Somalilandais de France qui va maccompagner à plusieurs reprises pour me faciliter le séjour. Lavion qui arrivait dAddis-Abeba était plein car une partie des 76 observateurs est arrivée en même temps. Parmi eux des européens, des britanniques principalement, dont le séjour a été financé par le gouvernement du Royaume Uni. La ville na pas trop changé depuis 2002 mais jai noté que de nouveaux immeubles ont surgi. Sur les hauteurs des quartiers résidentiels se forment car des Somalilandais de létranger construisent des villas afin de sinstaller pour des séjours limités et pour un retour définitif dans le futur. La ville est animée. Les magasins et les souks sont bien achalandés et la circulation est intense. Les encombrements sont parfois aggravés par des caravanes de véhicules ornés daffiches électorales et équipés de haut-parleurs qui déversent des chansons. Dans des bus des jeunes, garçons et filles, accompagnent le rythme en battant des mains. Pour éviter les incidents et surtout pour limiter les embouteillages provoqués par ces caravanes, chaque parti sest vu assigner un jour de la semaine pour faire tourner sa caravane dans la ville. Avec trois partis seulement, ça correspond bien au rythme hebdomadaire, deux jours chacun et un jour pour le repos. Ce qui me frappe cest le calme de la population. Je peux me déplacer sans être abordé et lorsquil marrive dêtre accosté, cest toujours très gentiment. La question qui revient le plus : « Pensez-vous quaprès ces élections le Somaliland sera reconnu ? ». Les habitants ne comprennent pas pourquoi on maintient leur pays en dehors de la communauté internationale. Nont-ils pas réalisé ce quon demande aux pays en voie de développement ? Le Somaliland a pacifié son territoire et réussi à construire des institutions acceptées par sa population. Il sest autodéterminé et a réparé une grande partie des dommages causés par le gouvernement de Mogadoscio. Et tout ceci a été accompli sans aide extérieure significative, à tel point que ce pays peut se vanter dêtre le seul pays africain à ne pas avoir de dettes puisquil ne peut bénéficier des fonds distribués par la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et dautres organismes. Si les Somalilandais sont frustrés de cette mise à lécart, ils ne baissent pas les bras pour autant. Ce sont des gens entreprenants qui aiment le commerce. A Hargeisa la sécurité est totale. Les policiers qui règlent la circulation ne sont pas armés. On voit des changeurs de devises installés dans la rue. A côté deux des liasses de shillings tenus par des élastiques. Calculette en main, ils échangent vos dollars, vos euros ou vos birrs éthiopiens. Le commerce avec lEthiopie est actif. Le pays importe des fruits et des légumes éthiopiens mais malheureusement une grande partie des dollars envoyés par la diaspora servent aussi à importer du khat dEthiopie. Cest autant dargent qui ne profite pas à léconomie, ni à la santé des « brouteurs ». Les commerçants de Hargeisa ou de Berbera réexportent vers lEthiopie des marchandises, produits textiles et électroniques, arrivés par Djibouti et par Berbera. Le Somaliland et lEthiopie ont signé en juin dernier un accord qui permet à ce dernier pays dutiliser le port de Berbera. La route qui relie cette ville à lEthiopie passe par Hargeisa et elle a été réparée grâce à une aide financière de lUnion européenne. Les Ethiopiens projettent de construire des entrepôts à Togochale, bourg frontalier à 768 Kms dAddis-Abeba. La compagnie maritime nationale éthiopienne dessert désormais le port somalilandais. Le 15 novembre dernier un premier chargement de matériel électrique est arrivé à Berbera. Trois autres navires étaient annoncés avant la fin du mois. En octobre un hebdomadaire économique éthiopien annonçait que le cheikh al-Amoudi, principal investisseur en Ethiopie, pourrait participer au développement des installations portuaires. Le Somaliland est un pays pauvre dont les ressources principales viennent de lélevage de chameaux, de chèvres et de moutons. En me rendant à Borama, ville située à deux heures de route à louest dHargeisa, jai constaté que lagriculture nest pas absente dans ce pays déleveurs nomades. Des expatriés sont revenus et ont investi dans la culture de légumes pour approvisionner la capitale. On cultive aussi du sorgho et du maïs, mais la production locale nest pas suffisante et le pays doit compléter son approvisionnement par des importations de riz et de pâtes. Comme lEtat dispose dun budget modeste, ce sont des investisseurs privés qui, par exemple, ont crée des services dans les télécommunications. Il y a deux sociétés concurrentes et comme leurs réseaux ne sont pas interconnectés, on trouve deux téléphones dans les boutiques et dans les hôtels. Le téléphone mobile sest développé et on trouve à Hargeisa des cyberboutiques très bien équipées. Autre exemple de lesprit dentreprise au Somaliland : luniversité privée de Borama qui est due à laction dintellectuels et danciens. Créée il y a huit ans, elle compte à présent 600 étudiants et 50 enseignants répartis dans quatre facultés : Education, Administration publique et privée, Médecine, Agriculture. Il y a cinq ans une université publique a aussi été inaugurée à Hargeisa et un troisième pôle universitaire a démarré dans lest du pays, à Burao. Le nombre détudiants diplômés est encore modeste. Après la désintégration de lancienne République de Somalie, tout ou presque était à reconstruire. Il y a dix ans il y avait moins de 10.000 enfants en primaire dans 159 écoles. En 2003 le nombre denfants scolarisés avait atteint 96.000 dont un tiers de filles dans 354 écoles. Dans le secondaire on est passé de 3 établissements en 1996 avec 330 élèves à 24 écoles et près de 10.000 élèves en 2003. Et depuis de nouveaux progrès ont été faits. Les langues officielles sont le somali et larabe. Langlais est très répandu. Mais jai pu constater quil y a un noyau de francophones à Hargeisa. Certains comptent parmi les commerçants et hommes daffaires importants. Cette présence de la langue française est liée aux échanges avec Djibouti. De part et dautre de la frontière des liens familiaux existent et la guerre civile avait poussé certains commerçants somalilandais à sinstaller dans le pays voisin en attendant le retour de la paix. Depuis plus de dix ans le pays est en paix. Il dispose dinstitutions approuvées par le peuple mais comme dautres compatriotes, la ministre des affaires étrangères, Mme. Edna Adan, ne peut voyager à létranger que parce quelle dispose dun passeport étranger, djiboutien en loccurrence. Des signes despoir sont apparus cette année pour le Somaliland. En juin une mission dévaluation de lUnion africaine est venue pour la première fois à Hargeisa. On attend que lUnion prenne position sur le rapport de la mission. A loccasion des récentes élections, le représentant de la Ligue arabe à Addis-Abeba est venu lui aussi et a constaté latmosphère paisible qui régnait dans le pays. Enfin le 1er novembre dernier, le président Dahir Rayale accueillait pour la première fois le représentant spécial de lONU pour la Somalie, basé à Nairobi, François Fall qui a été nommé à ce poste en mai dernier. Ce dernier a déclaré que « le peuple du Somaliland doit être félicité pour les progrès quil a accompli pour assurer la sécurité et établir une démocratie véritable ». RW |
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Changeurs de devises à Hargeisa. Pas dinsécurité, largent est entassé en pleine rue. |
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Hargeisa. La ville sest relevée des ruines de la guerre civile mais les infrastructures |
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Mahmoud Weddady, représentant de la Ligue arabe à Addis-Abeba, venu pour |
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Il y avait 985 bureaux de vote. |
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