[Djibouti, 10 novembre 2002, par e-mail]
LNA. Vous êtes négociante en café à Djibouti, sur quels marchés développez-vous lessentiel de votre activité ?
Jamila Hassan. Mon marché est essentiellement local. Je ne suis sur ce marché que depuis dix mois.
LNA. Quels crus de café éthiopiens achetez-vous et sous quelle forme ?
JH. Jachète principalement du café de la région de Harar, qui est considéré comme le meilleur café du monde par les spécialistes. Jachète le café directement aux petits producteurs et je le transforme dans mon unité de fabrication à Djibouti ville.
LNA. Avez-vous constaté une évolution dans la consommation du café à Djibouti ?
JH. Le café, contrairement à nos voisins éthiopiens ou yéménites, nest pas une tradition établie à Djibouti. Le Djiboutien est plutôt amateur de thé. Mais le café commence à toucher une frange importante de la classe moyenne.
Il ny a pas de véritable culture de consommation du café chez les Djiboutiens et il y a le khat. Le café, dans le sens où il est amer, est un mauvais compagnon pour le khat (lui même amer !). Cest pour cela. Cependant, lévolution des mentalités est bonne et de plus en plus de gens sont attirés par ce breuvage. Pour le moment, le consommateur djiboutien se trouve dans la classe moyenne, travaille dans ladministration ou est cadre dans le privé.
LNA. Les petits producteurs de café souffrent dun effondrement des cours mondiaux. Les effets de cette crise se font-ils sentir dans le cadre de votre activité ?
JH. Les effets se font bien entendu sentir à tous les niveaux : le prix du café pur peut passer du simple au double selon les fluctuations des cours mondiaux. Mais le prix du café à Djibouti reste fixe.