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Éthiopie / Culture / Blagues, comptes, jeux

Les jeux de rue

À Addis Abeba, la rue est avant tout un immense espace de jeux. Pour ceux qui y vivent, les enfants des rues, mais aussi pour ceux dont l’humble maison ne permet pas de s’y défouler.

 


CLUB JOURNAL LGM
 

(Mai 2001) – À Addis-Abeba, la rue n’appartient pas qu’aux voitures. Elle est avant tout un immense espace de jeux pour ceux qui y vivent, les enfants des rues, mais aussi pour ceux dont l’humble maison ne permet pas de s’y défouler. Rendez-vous dans la rue pour un petit tour d’horizon de leurs chères occupations…

Le téza. Vous avez certainement remarqué de petits ballons en chaussettes attachés à des poteaux électriques à l’aide d’un long fil un peu partout à Addis. C’est avec cela que la plupart des enfants de la rue jouent au "téza". Ce jeu peut faire participer plusieurs jeunes. Le but est d’enrouler le ballon autour du poteau tandis que les autres essayent de le dérouler. Des disputes peuvent éclater à tout moment, surtout si un des joueurs touche le ballon avec les mains (sachant qu’il ne peut user que de ses pieds et de la tête) et le nie. Ce jeu est essentiellement pratiqué par des garçons qui ont entre 8 et 15 ans environ.

Le kunar se joue pour de l’argent. Les grands (plus de 15 ans) utilisent soit des cartes, soit des centimes pour le jeu. Les joueurs (deux en général) parient qu’ils vont donner une certaine somme d’argent s’ils battent leur adversaire à un jeu de cartes ("anbessa") ou à pile ou face ("zewd"). Les jeunes aux alentours les encerclent. Ce jeu est pratiqué un peu partout à Addis, les paris vont jusqu’à 10 birrs par personne. Comme pour le téza, des disputes peuvent éclater, plus violentes car il s’agit d’argent !

Le jotany ou baby-foot est pratiqué par les plus de 15 ans la plupart du temps. Les propriétaires installent leur jeu à un endroit fixe, ceux qui veulent jouer le payent une somme d’argent variable selon les quartiers (ceci étant, cela n’excède pas 5 birrs) en échange de six balles. Deux à quatre joueurs peuvent participer et les deux équipes peuvent parier une somme d’argent entre elles sans que le propriétaire s’en mêle. Si par bonheur ce dernier va se promener, les joueurs bloquent les buts avec leurs mains afin de récupérer les balles qui seraient perdues si une équipe marquait.

Le kusheneta peut être qualifié de skateboard éthiopien. C’est une petite construction en bois avec trois roues (deux derrière, une devant) faite de matériaux récupérés. La seule différence avec le skate, c’est que les jeunes ne peuvent pas patiner ! Ils s’assoient dessus et descendent les pentes ou bien se font pousser par leurs amis sur les routes asphaltées. Les accidents sont fréquents, on peut donc considérer que le but de ce jeu est de rester en vie… Ce sport risqué et interdit est surtout pratiqué au Mercato.

Le téter et le kelebleboche. Les jeux comme les billes, le "téter" (pierre) ne sont plus vraiment à la mode. Les jeux de mains, le "kelebleboche" sont essentiellement pratiqués par les filles, les gamins des rues n’y jouent presque pas. – CJ

          

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