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Colloque Les nouvelles d’Addis-Les Verts / Paris, Assemblée nationale, 2 février 2004

Message de M. Ahmed Dini Ahmed, ancien Premier ministre de Djibouti, président de l’Alliance républicaine pour le développement (ARD)

Monsieur Dini, souffrant, n'a pas pu participer aux travaux du Colloque du 2 février ; il a adressé à l'Assemblée le message ci-dessous, transmis par Mohamed Kadamy.

Ahmed Dini est décédé le 12 septembre 2004 à Djibouti. Ce texte est son ultime message politique extérieur.

 


AHMED DINI AHMED
 

Cette salle a vu d’autres colloques pour débattre de sujets aussi sérieux qu’actuels, dignes d’intérêt. Mais celui qui nous réunit aujourd’hui est quelque peu différent par l’approche adoptée pour son organisation par ses initiateurs et par les thèmes choisis pour le débat.

Que les initiateurs soient remerciés pour l’immense effort consacré à l’organisation de ce colloque et tout spécialement le député Vert, Noël Mamère et le secrétaire transnational de ce parti, Patrick Farbiaz, Les nouvelles d’Addis et certains démocrates de la région.

D’abord, l’avantage de l’approche adoptée permet ou permettra, je l’espère, des débats sereins, sans risque de voir s’instaurer des échanges acrimonieux entre les participants. Ce qui aurait altéré la portée des idées débattues. Cela n’empêchera pas les nécessaires contradictions qui en enrichiront le contenu, il faut l’espérer.

Ahmed Dini Ahmed, ancien Premier ministre de Djibouti. Portrait par Les nouvelles d'Addis
Ahmed Dini Ahmed, Paris, juin 2002
© Les nouvelles d'Addis

Quant aux thèmes choisis, sans prétention de viser à une portée académique tous les sujets importants, ils permettent cependant de couvrir certains aspects saillants qui nous posent problème, en tant que peuples de la région. Ceci, bien entendu, découle de constats aussi multiples qu’irréfutables.

Or, que constatons-nous dans nos différents pays ? L’existence des gouvernements en prinicipe pour gouverner les pays, les diriger sur le développement général, en veillant à la création et au maintien des conditions favorables à ce développement général. Ce qui comporte nécessairement et notamment l’aménagement du pays, support et source des richesses nécessaires à l’amélioration générale des conditions d’existence des peuples.

L’existence de l’opposition, dont le devoir est, entre autre, de s’opposer au gouvernement, agissant pour corriger et améliorer son action, avec comme objectif final de prendre la place du gouvernement pour faire mieux que lui, en faisant face à son tour à la majorité d’hier devenue opposition.

La réalité concernant le gouvernement met en évidence le peu de moyens mis à sa disposition qu’il consacre à réaliser les objectifs qui devraient être les siens, maintenant un état de sous-développement généralisé, facteur essentiel dans sa politique visant à garder le pouvoir.
Aucune politique de dialogue avec son opposition ne lui paraît tolérable, ni même concevable. Et lorsque ce dialogue s’amorce à l’initiative de l’opposition, dans de rares occasions dramatiques, les engagements pris sont bafoués par le gouvernement, sans possibilité de recours.
En ce qui concerne l’opposition, tenue par le gouvernement en absolu ostracisme et mépris, n’ayant accès à aucune transparence pour s’informer et agir, elle se limite au rôle ingrat et apparemment négatif de critiquer.
Ce qui parvient à sa connaissance, au risque de finir par ressembler à un unilatéralisme au pouvoir contre lequel elle lutte.

Que faire alors pour sortir de cette situation qui apparaît sans issue ? C’est pour rechercher des éléments essentiels à ces difficiles questions que les thèmes de ce colloque ont été élaborés et soumis à nos débats ; tout en tenant compte du fait majeur que les peuples de la région ne seront pas les seuls concernés par les réponses qui seront trouvées, mondialisation oblige.
Ceci étant tellement vrai que la plupart des États de la corne de l’Afrique présentent des conditions géostratégiques de première importance, certains parmi eux comme Djibouti abritant à ce titre des bases militaires étrangères.

La Somalie, étant donné ses conditions internes, est soupçonnée à tort ou à raison, de représenter des foyers potentiels de problèmes régionaux. C’est pourquoi ce pays se trouve mis sous surveillance étroite par les grandes puissances, sur sa façade maritime, ce qui viole, en quelque sorte, sa souveraineté.

Les inconvénients émanant de la présence des grandes puissances dans certains pays recouvrent parfois l’opposition aux intérêts bien compris des peuples de cette région. Exemple, lorsque la diplomatie d’une grande puissance s’arrange pour faire participer des contingents militaires – forces de répression dans leur pays – aux forces des Nations Unies pour veiller à la légalité internationale, alors que le contingent constitue une force de répression aveugle chez lui. Ou bien que cette même diplomatie insiste pour l’envoi comme observateurs d’élections à l’étranger d’agents qui pratiquent chez eux des fraudes électorales en faveur du pouvoir en place.
C’est le cas de Djibouti : contingent militaire en Haïti, observateurs au Togo, en 2003. Ceci pour démontrer que tout va bien à Djibouti.

Pour finir, je tiens personnellement à saluer parmi vous, Madame le ministre des Affaires étrangères du Somaliland, Edna Adam Ismaïl. – ADA

    


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Entretiens des Nouvelles d'Addis avec Ahmed Dini Ahmed

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